LE BAL DE BAMAKO <br/> LE BAL DE BAMAKO ET TRANS-FER <br/> APT / FONDATION BLACHÈRE <


La Fondation Blachère, qui promeut l’art contemporain venu du Sud depuis des années, rend cet été avec “Le bal de Bamako” un hommage aux pères de la photographie de l’Afrique francophone et à la jeunesse des années 1960, les années twist. Ces photographes, notamment signées Malick Sidibé, sont avant tout des portraitistes entraînés dans un mouvement joyeux de libération. Dans un contexte d’indépendance politique qui ne peut être aboutie qu’avec les volets économique et culturel, on peut être surpris par cette mode pro-occidentale alors que les étudiants de Berkeley et du Quartier Latin portent leur regard vers Che Guevara, Mao ou Martin Luther King. Il faut dire qu’il y a un double contexte : celui de l’indépendance africaine qui libère la jeunesse du joug colonial occidental, et en même temps, dans ce monde occidental, un phénomène de libération de la jeunesse qui s’affirme comme une catégorie socio-culturelle à part entière, qui, nourrie de la pensée de Marcuse et de la pilule, exulte en Mai 68.

La vogue du twist à Bamako peut être considérée comme une surprise dans une ville qui fête son Indépendance depuis un an et qui, par mimétisme avec l’Occident, s’adonne à une musique dont la structure musicale rompt avec les musiques africaines et avec le jazz. On retrouve ce mimétisme dans les attitudes et dans les costumes : les hommes adoptent rapidement l’habit européen, suivi un peu plus tard par les femmes. Le décor fait appel à des objets importés, du Solex à la Coccinelle. Dans son studio, Seydou Keita dispose des accessoires européens : des scooters, des montres, des stylos.

“Iron sculpture from Africa” (Trans-Fer) est l’autre exposition de la Fondation Blachère à ne pas rater. On y retrouve une sélection d’objets anciens en fer d’une collection privée et des œuvres contemporaines de la Collection Blachère, sous le commissariat de Jean-Michel Massing, membre du King’s College de l’Université de Cambridge. Le but est de comparer les formes des plus simples aux plus sophistiquées des objets de la métallurgie du fer africaine traditionnelle (monnaies, bâtons de médecine, armes, boucliers, etc.) avec les sculptures africaines modernes et contemporaines dans ce même métal. The Blachère Foundation, which promotes contemporary art from the South for years, tribute this summer to the fathers of photography in French-speaking Africa and to the youth of the 1960s, the Twist years. These photographers, especially Malick Sidibé, are above all portrait painters drawn into a joyous liberation movement. www.fondationblachere.org/»lachere.org

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